vendredi 19 juin 2015

Les deux hiboux ( première partie)

Il était une fois dans un pays ancien et si vieux qu'aucun livre ni rien ne garde la trace de ce monde sauf parfois dans des réminiscences et constructions aléatoires les allégations des fous à tout jamais marqués par l'idiotie contemporaine et qui par une magie qui échappe à tous trouvent des histoires qui font mouches dans la vérité qu'on dit inatteignable et présente seulement dans des  puits comblés et dans un état misérable dans des profondeurs d'ombres.
Il était une fois deux hiboux, pas très doux et sérieux.
Un blanc avec une majesté consommée et un air d'aigle avec ses yeux jaunes.
Un roux avec des yeux rouges et une dégaine dépenaillée d'arpenteur de cieux accidentés d'orages et de vents.
Le hiboux blanc boude facile avec son faciès de roi.
Le hiboux rouge joue vite avec sa bouille d'amuseur.
La nuit tout les hiboux sont mélancoliques. La nuit, ils parcourent les cimes à la recherche du temps qui va venir.
Ils voient des choses qui échappent aux fourmis.
Le hiboux blanc est un prince de la forêt, le hiboux roux un serpent de la terre.
Il y a une guerre qui les sépare.
La forêt est vaste et noire, étendue comme un champs infini où l'ombre dort jour et nuit dans les massifs arbres qui peuplent ce monde.
La forêt est dense comme une vielle habitude et curieux des renards en grappe visitent des lieux et des recoins.
Le hiboux blanc vit surtout l'hiver dans l'invisibilité que lui donne son plumage quand la neige occasionne ses oraisons en conglomérats silencieux si ce n'est la vigueur d'un vent puissant, tourbillonnant et gelant.
Le hiboux roux vit l'automne où sa couleur de feuille mourante le fait caméléon dans l'orée des soirs champêtres ou le soleil descend avec un froid humide, tandis que cesse l'odeur des pourrissements.
En ce temps là dieu était dans le parage de l'au-delà dans un pâturage de planète bien éloignée de celle-ci.
En ce temps là sur cette terre fermement laïque deux hiboux plus têtus qu'un alcoolique bourru et qu'une bourrique qui a la colique, se méprisaient hautainement dans les hauteurs de branches élevées.
En ce temps-là la forêt s'étendait sur des mondes et des mondes à perte de brumes et de terres...
 Une forêt noire immense et aveuglante de monotonie vivait sur la terre comme seule une terre noble et fière pouvait se vanter d'avoir si la terre se savait couverte d'une telle végétation.
En ce temps-là la terre tremblait un peu et des volcans lumineux rendaient une fournaise dans le ciel pour rougir cette terre noire de forêts.
En ce temps-là aucun océan, fleuve ou rivière n'osaient naître dans cette splendeur forestière.
Juste des ruisseaux absorbés dans les profondeurs des sous-bois rigolaient leur nervure pétillante d'eaux dans le cachoir des troncs élancés.
Dans le fin fond des dédales de la forêt, lieu mystique, se plaisaient des êtres d'esprit à rire bêtement dans leur éternité joyeuse et blasée dans une paresse élargie...

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