mercredi 30 décembre 2015

Spidermamikannette

à 91 ans Spidermamikannette dit Knet est une bruxelloise d'adoption avec son sonotone, son pace-maker et son foie décomposé. Elle arrive pompette et grisée dans la banlieue étroite et triste de Gand ou pleuvent la monotonie et les sales manies des sales gosses proprement dévalorisés par une élite hautaine et plastique Bertrand. Dans une maison grande et bleue du monde joue. Devant il y a un jardin presque mort tant il est propret et respire la province étriquée et la netteté qui disent des choses sur le trop bon vouloir des gens qui veulent tout et tout. Ici dans cette maison bleue de la vieille Europe bien loin des rêves surannées de la Californie trône Jojo le toqué un natif corse en exil ici dans le trou du cul du continent qui se meurt. Jojo dirige un tripot clandestin comme il se doit. La pègre ukrainienne y a des planques ainsi que des nègres de Vienne. Jojo est singulier il ne mange que de la morue à chaque repas mais préparée brillamment.
Knet a sept petit fils et elle a horreur des jeux de hasard et d'argent, dans sa jeunesse elle a pu vaincre le vice de son mari Hubert qui avait pris l'habitude dans le juste après guerre de s'acoquiner avec des trafiquants épris de pokers. Pour cela elle lui avait fait la gréve du sexe trois ans, ce qui faillit couter la vie à Hubert en 1948 victime d'une crise aiguë de priapisme car si Hubert était filou avec l'argent il était fidèle au niveau du cœur qui pour lui fusionnait avec le cul comme nombre de bon catholique qui ne sont pas alcoolique et l'onanisme le répugnait au plus haut point, faut dire que globalement il n'était pas trop manuel...
La tâche qui incombait à Knet l'exaltait la ramena des dizaines d'années en arrières ou elle avait fait triompher la vertu même si les quelques premiers temps de reprise de sa vie conjugale catholique, le sperme lui ressortait par tout les trous !
Jojo est jeune, leste et robuste comme une charge de chevrotine et léger comme une charge de plastique.
Knet sait faire de la bonne morue toute bierreuse, persillée, et nougatée dans une recette à facette qui fait tourbillonner les papilles les plus lointaines de la  jet-society et la mondialisation dans ses vices et vertus a su faire parvenir aux oreilles pourtant dures des chefs de Daesch qui furent prêt il y a peu à échanger Mossoul contre la recette succulente tant convoitée mais voilà Knet sait garder un secret.
Jojo dans son royaume de malfrat a une bande d'enflures qui puent l'alcool riche et la mode top de top avec la vulgarité qui traîne dans les cités dépourvues de bon troquet.
Knet a soupouillonner la morue apportée d'un mélange pas net qu'un petit fils le troisième des sept lui a donné par le fait qu'il est pharmacien à Agen ville de pruneaux. A noter que ce jour-là Jojo est heureux de manger une morue aux pruneaux persillés et vanillés à la hongroise avec des cerises sèches et des melons carrés coupés rondement et qui sont issus d'une culture expérimentale.
La tâche n'est pas simple pour autant car du monde lourd gravite autour de Jojo, il y a baba le soldat un ancien d'une guerre patraque, il est teigneux, fiévreux, et osseux et puis Yoyo grand comme un mat d'Auvergne et chaud comme un pieux catholique qui vieillardise dans un Vatican secret.
Il y a Bernos, le lettré malin, philosophe à l'ancienne qui croit au silence comme une vertu absolue et sait dire merde d'un regard sabreur. Et puis l'enclume dit le diplomate un français de Moselle qui regrette les bagnes et les beignes et aime à tournevisser les âmes taiseuses qui cachent une valeur terrestre.
Knet qui ne dessoule toujours pas depuis trois jours, ce qui chez elle entraine un état second inspirant des trouvailles propres à réaliser ses bonnes actions pour donner le change s'est faite taxi ainsi nul passant ne trouve étrange son ébriété heureuse. Provocatrice en diable, elle conduit un calèche tiré par deux chevaux beaux comme de costaud gallois. Elle débarque ainsi incognito dans la rue de la maison bleue, fantastiquement visible comme une outrance festive, elle nargue avec bonheur tout les pronostics baveux , la vigilance du banditisme belge qui de Charleroi à Anvers a des oreilles et des yeux mais peu de neurones entre les deux...
Knet par un luxe de ruse se déguise en vieille reine d'Angleterre et fait attraction burlesque dans un pays plat ou abondent les gens qui savent autant rire que vomir.
Le dernier obstacle imperméable à la morue est Phil un loubard usé, dangereux car carnivore uniquement, heureusement Knet a plus d'un tour dans sa profondeur ingénieuse et elle sort de son chapeau chic trois merguez qui soupiraient tendrement. Elle a tôt fait de ramasser du bois qui traînait dans le coffre de son calèche et d'une poubelle quelque chose de métallique pouvant faire brasero. Le fumet des saucisses eut vite eu raison du veilleur à la porte pourtant aussi consciencieux qu'un maréchal du logis. Mais la logique d'un affamé se niche ailleurs que dans la raison professionnelle. Son appétit de serbe fut fatal à sa surveillance car Knet avait fourré la viande avec du laxatif actif. Ainsi fut démantelé et sans état d'urgence une entreprise de voyou par la grâce d'un mémère décidée.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire