jeudi 31 décembre 2015

Scéance ouverte

Dans le métro, dans l'ambiance des rames circulantes et l'orangé du plastique qui embaume le lieu, je me suis souvenu d'une amie, juste parce que je me suis assis en face d'une jeune femme en short blanc et que cela m'a renvoyé immanquablement, longtemps en arrière, dans un temps fougueux et interrogatif à la fois, déroutant et merveilleux à vivre que donne une femme à vivre à un homme dans des sentiments, des sensations qui tourneboulent en soi, ces choses en soi qui creusent sa vie d'une façon puissante et vivante aussi fugace que soient ces moments.
L'amie dont je me souviens est devenue ma femme, à l'époque déjà ma petite amie, trois ans avant de se marier et de fondre une famille ou nos deux enfants ont pu grandir dans le désordre du monde. Le mien de désordre était bien acclimaté par Florence, cette amie qui est devenu ma femme.
Je me souviens d'un soir doux, d'une après midi d'hiver et déjà de vacances ou fatigué par des journées de travail et de voyage, travaillant à bord d'un train, ma femme en repos scolaire vu sa profession de professeur d'anglais m’accueillit en petite tenue blanche, rien d'extravagant en soi, juste la magnificence de l'apparition. Elle avait quelques bijoux, un bracelet de pacotille et tout le charme dans son visage souriant. Et tout le soir, elle resta comme ça, débonnaire face à mon étonnement ravi qui ne manquait pas de se lire dans mes yeux. Mon silence sur sa tenue était un gage de bonheurs. La voir téléphonait ainsi à un ami, et la voir rire n'était pas sans une joie maligne de bienfait, un petit goût de jalousie comme s'il pouvait percevoir la tenue de mon amie et surtout un grand plaisir me venait en pensant qu'il le pouvait...
Elle s'était enquise de ma journée, m'avait laissé reposé un peu dans notre chambre ou je dormais un temps court, à mon réveil vingt et une heure était passée. Elle me proposa toujours dans sa tenue de dentelle sage que nous allions au cinéma voir quelque chose qui nous donne du punch !
J'avais un creux au ventre, outre celui du désir qui s'installe, sensuel et lancinant, j'avais faim d'un repas de ce qu'une table donne.
Nous fîmes bombance de pains solides et de fromages de chèvre avec du vin rouge bon comme un coup du sort quant il est doux. Les boucles d'oreilles, couleur d'argent, de ma femme heureuse dansaient en prenant la lumière, elles représentaient des petites gondoles de Venise, souvenir d'un voyage ravissant ou le lit fut plus profond et dépaysant que n'importe quelle autre surprise du pays.
J'étais bien dans mon silence récupérateur avec la connivence acquise de ma belle rayonnante d'intentions à deviner, à percevoir...
Je m'étais préparé pour la sortie, elle m'avait juste attendue dans l'éclairage de la salle manger ou posément devant moi un pied posé sur la chaise la plus proche de mon être elle enfilant des bas noirs qui étaient sur le haut d'une chaise, sur le dossier se trouvait un beau et grand manteau aussi sombre qu'une terre fertile et des bottines au pied de cette même chaise complétait avec leur allures de petits corbeau, l'élégance érotique de cette soirée.
Les préparatifs en vues et l'équipement fait étaient enchanteurs à voir. Elle était donc peu vêtue et émue beaucoup que je la sache presque nue sous le manteau opaque. Ses yeux allumés comme des phares et dérangés me disait les troubles qui venaient en elle. L'air nous fit du bien, elle se mit au volant et passager digne je la regardais dans sa beauté de joueuse. La lumière des lampadaire et du soir de la ville passaient les vitres et venaient se poser sur les genoux riches de rondeurs et de promesses nues. Les cuisses à demi-visibles sous le voile noir des bas offraient le soyeux blanc de la peau qui flambait dans la vigueur de mes sentiments. Dans quel cinéma allions nous perdre pour une fièvre forte, ce soir là nous allions au hasard des habitudes, et transfigurés par une belle humeur ludique, vivre neuf dans cette nuit froide de saison.
Nous approchions vingt deux heures et la ville était badine comme une gamine sans surveillance. Nous nous étions garé prés d'une villa désuète ou avait vécu un rocker amer et suicidaire. Le cinéma ouvert proposait encore une séance sur un film transcendantale ou nunuche selon les avis donnés par des connaisseurs farfelus, alors que nous échangions ma femme et moi des sourires complice et des brillances de regards. Il y avait du monde, des couples en échappée comme nous, sans doutes plus piqués de cinéma que nous mais que savions nous de la chaleur des cœurs de tout ces gens qui vont comme nous dans une salle noire prendre des couleurs sur un écran. Nous étions bien installés, ma femme se serra contre moi, à cause du froid du à sa tenue ou envie de communiquer sa chaleur de bien être, cette question me frôle à peine comme une vapeur alcoolisée. Le film était prenant bien que ma main droite était ailleurs dans le manteau ou des choses prenantes demandaient à être prise. Des images de nature, grandioses et belles comme des secousses de floraisons éclairaient l'écran et les imaginations tandis que du vif à mon côté donnait sa pâmoison. J'aimais passer ma main sur la peau et puis sur le velouté de la doublure intérieur du manteau qui je le constatais joyeusement était doux comme une pelisse de princesse, savoir ma femme dans ce confort d'une autre peau me ravissait. Ce manteau était déjà un amant aimant sur elle. Cette pensée me fit frémir animalement. Ma femme ne perdait rien du film et sa chaleur malgré l'immobilité de son assise augmentait, en tout cas c'est ce que mon touché me donnait à vivre. Le défilé des images étaient beau comme un flot de nuage transporté dans une fulgurance. A un moment ou un visage sortait d'un bord de porte d'une maison carrée, je sentis la main gauche prudente de ma femme faire un sérieux tour sur mon corps, prenant des temps et des arrêts.
Ma main glissante n'esquivait plus en visiteuse privilégiée  un mouvement dans une quiétude de retenue et toute percutée aussi des découvertes chaleureuses et tropicales des zones qui arrêtent le temps quand on prend du bon temps.
Le film beau comme des chocs bienvenues grimaçait joliment avec du monde en déconvenue. Nous dans nos jeux nous savourions les visages en proie dans des jouissances montantes. Le film avait sa vie propre et la jetait dans nos déambulations manuelles. Le cinéma nous avait mis dans de bels états, la chaleur humaine et animale de nos êtres sont porteuses d'étincelles !

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