dimanche 31 mai 2015

solitude

Humiliations, démolitions !
L'esseulement découle de tels coups...
Mon âme crie dans mon corps comme des flammes ravageuses.
L'infortune marque mon trajet et me tranche le coeur.
Je suis ouvert à l'agonie.
Je vais possédé par la poisse.
La survie m'a suivie et bien des embrouilles m'entortillent.
survie aggravée des déconvenues des marques au fer rouge.
Le monde est une prison à ciel masqué.
Tous les jours sont sombres et cendreux.
Le temps avance en racaille, le monde est un peuple de sangsues.
Je suis dans ce sort.

samedi 30 mai 2015

La pluie

Il pleut fort dans une allée. L'eau danse et donne un son de transe. Je regarde l'allée. Je la regarde d'un coin sombre. Je suis entre deux arbres, comme eux, je prend l'eau. Je suis dans un oubli. Il me suffit le son de l'eau et des feuilles qui parapluisent. Il pleut et ça me prend dans le ventre, ça me donne de l'air. Je respire du ciel. Le monde dans ce climat me donne un souffle. Je m'acclimate à cette matinée. Il pleut dans cette vallée et je regarde une allée. Elle est faite de cailloux blancs. Ils bouillonnent dans une soupe de pluie. La terre sort de dessous ses arômes. Elle lance ses teintes sombres dans l'allée blanche. La pluie ensommeille le jour. Elle rend le jour en un soir. La pluie est une semeuse de songe. Elle endort le jour et réveille une âme. Les ombres dans la pluie sont fugaces et vives. Ce sont des esprits de la terre bien élevée. Je suis dans la beauté verte d'un bosquet. Les nuages ont leur course. L'eau tombe comme un bonheur éclairé. La pluie jetée par un vent farceur ruisselle de travers. La pluie est un courant du ciel. Je prend force d'être là.

lundi 25 mai 2015

Le prince et les moutons

Le petit prince celui qui est sur sa planète avait rendez-vous avec une rose et se retrouve devant un troupeau de moutons.
Des moutons gras et noirs, nombreux et fort comme des aigles de terre.
Le petit prince qui en a vu d'autres, ne perd pas son sang froid et royal.
Il a pu dans le passé apprivoiser un renard, or chaque mouton  possède autant de pattes qu'un renard, cette similitude signe quelque chose dans la tête du petit prince.
"Bonjours Drôles de renards" dit le petit prince.
Les moutons qui sont trente et bougons  crièrent en chœur :
"Nous sommes ni drôles, ni renards mais des moutons noirs autonomes venus d’Écosse !"
Le petit prince trouve cela bien beau quoique criard et puis l'Écosse lui est inconnu.
Sortant d'une de ses poches un de ses crayons simples et bleu il dit au mouton le plus proche :
"dessine-moi l’Écosse !"
Celui-ci obtempéra en prenant dans sa mâchoire le bout bleu qu'est pour lui ce crayon et avec application et des mouvements de tête fit des traces sur le gravier.
Le petit prince s'exclama après un temps d'observation :
"ça ressemble à un mouton sans pattes !"
Cette remarque est judicieuse puisque l’Écosse n'a pas de pattes.
Les moutons vinrent observer le dessin approximatif effectué par leur congénère et hochèrent leur tête donnant ainsi un consentement à l'opinion jetée nonchalamment par le petit prince nonchalant.
Les moutons voulaient voir du pays et c'est pour cela qu'ils sont là.
Ils étaient sortis de leur Écosse natale pour visiter le royaume uni, cependant une forte bévue les en chassa. Ils avaient trouvé fort à leur goût le gazon de Wimbledon. Depuis tout les joueurs de tennis du monde ne mangent plus que du ragout de mouton noir. Ils trouvèrent refuge en Russie qui est en indélicatesse avec bien des pays. En vue de contrarier les anglo-saxons les russes expédièrent dans une fantastique transhumance les moutons noirs dans l'espace.
Ainsi arrivèrent les moutons noirs sur la planète du petit prince. Ils trouvèrent une rose fort à leur goût.
Le petit prince aime les roses mais préfère les moutons qui sont plus distrayants par leur manie à gambader
"Puis-je vous apprivoiser ?"
"Non, nous sommes autonomes !" crièrent-ils.
Le petit prince en fut chagrin et pour se distraire un peu se mit à les compter ce qui l'endormis aussitôt.
Les moutons qui trouvaient le temps long attendirent la nuit et quand celle-ci fut venue, comptèrent les étoiles ce qui les endormis vite.

Je viens de loin

Je suis né dans une Afrique, un balbutiement, une chaleur. J'aime la poussière que soulèvent le vent et les déplacements. Je vais dans le dédale de rues en pisés. Je vais pister les consciences perdues dans les travers des conquêtes. Je vais rouler mon âme dans un lac desséché. Je vais chercher ce qui traîne dans mes questions et me relie au monde comme des cordes dans des ports d'attaches.
Je suis un navire d'Afrique, bien frappé de soleils et de rouilles et d'aventures humaines enthousiasmantes.
Ma tête a une flotte de beauté à dire le monde dans l'éclatement de la lumière.
La lumière est frappante, étourdissante pour l'oubli d'une cruauté...
J'ai des mémoires bousculées et des pas qui déroulent dans des chemins longs et divers.
Je veux voir des pays qui m'ont connu et des couchants qui m'ont salué et pris dans leur couleur de fin du jour.
Des musiques m'escortent tels des lutins astraux. Je veux prendre le vent comme il vient. Et que le sable soit bienvenue dans ma demeure. Que ma peur soit tendre à vivre. Les couleurs sont pastels dans des lumières crues, les coeurs sont effacés dans l'assoiffement des affamés.
La danse se fait de tout. La parole navigue mille fois dans des contrées stupéfiantes.
Rarement l'espoir prend pied. La nuit est une roche folle d'insectes.
Les ports ont des pointes de lumières, les ports éclairent des marchandises qui filent ici et là dans des échanges troubles. Les grues ont des gesticulations.
Les gens sont maudits, les gens sont petits. Ils ont des arrangements drôles !
Ils sont manipulés et joués dans des candeurs politiques. La poésie devrait lancer des flammes de paix.
Les coeurs naissent dans des confusions.
Mes questions sont des traces de vies. Je vais dans le rythme de la mer qui parle à beaucoup. Je vais dans un couloir lumineux que j’espère solitaire. Une solitude qui souffle sa beauté.
Du monde me trouvera. Je n'ai pas de drapeau.
Je suis un navire d'Afrique qui finit dans une belle dérive.
Je suis farci par le monde des affaires.
Je suis vivant de m'évader.
Je suis étendu comme un mystère qui se cherche...
Je suis fait de peuplades sonnantes et d'héritages d'ombres.
J'écoute ce que la vie fait de moi...

jeudi 21 mai 2015

Y'a des jours

Y'a des jours qui cheminent leur fournée, y'a des jours qui répètent. Je me figure ce qui peut advenir. Pas de quoi pavoiser dans la rue, pas de quoi toiser la lune. Les coups de fatigues m'ont donné des oublis.
Je vais dans les oubliettes de l'instant, ruisseler dans le caniveau d'en face. Rien à ramasser dans le coin, juste traverser les ombres des immeubles et la grisaille des circonstances.
le froid qui me touche au coeur est un rêve évanoui. Je danse quand même sur les pavés imaginaires et des trottoirs défoncés. Je danse dans une lumière ocre, je danse dans la mort venue. Je danse ce qu'il me reste de chimère pour m'envoler à hauteur des paraboles, des balcons et des géraniums fleuris. J'ai perdu dans la lune ma vision solaire. J'ai trouvé au soleil son ombre rageuse. Je trouve toujours le bout du monde dans l'errance. J'ai vu le soleil fuir dans la nuit comme un vieux voleur usé. J'ai vu la déconvenue et les maladresses planter mon art chaudement. J'aurai pu sourire au loin pour accueillir la bise qui vient. Et le brouillard est bas comme des plantes de rue. Le brouillard est une éponge voluptueuse, ni blanc, ni gris, il est une forme du destin. Peu dire qu'il va pleuvoir. Les larmes ne cessent de venir dans les têtes sèches, les larmes des trop pleins restent dans la tête qui prend des airs de tristesses. La ville dessine bien sa débile devise :
des routes pour vous, des vieux aux cieux et les bambins aux jardins.
Les routes s'encombrent, les vieux tombent et les jardins se ferment.
Les affiches pissent leur couleur dans l'informe bordure des murs. Les routes sont goudronnés des gommes des pneus et les poumons se poussièrent des effluves des rues bardées de bruits. Des platanes prient les étages supérieurs. La verdure déguise les intentions. Parfois une bille sur le bord d'un trottoir trottine.

mercredi 20 mai 2015

Conseils sentimentaux

La vie sentimentale est compliquée, elle dépend du mental pour lequel un sujet sain et masculin devrait absorber un trente deux millième de son poids d'emmental, s'il veut que sa tête soit au diapason de son corps amoureux et si ce sujet a une soeur il doit tout faire pour taire les propos tenant à sa vie sentimentale.
Car une soeur se mêle de beaucoup de chose, c'est un des passe-temps très courant chez les sœurs aînées cadettes et autres. La soeur est souvent le censeur des sentiments les plus justes, cela est dû a un sens aigu de la critique qui bien que fort utile dans beaucoup de domaines n'a aucun sens dans la vie amoureuse.
Le sujet toujours masculin est fort et sain de combiner une alimentation coutumière de fromage et un silence résolu vis à vis de sa soeur peut ainsi voir son coeur s'élever vers des sphères belles à envisager.
Mais attention cette élévation doit rester raisonnable sinon notre sujet pourrait fort voir son coeur sortir de sa bouche dans un effet impressionnant et coloré dans une flaque étendue et rouge. Cela est beau mais le sujet perd en force et en salubrité minimale ce qu'il gagne en spectaculaires sensations !
La vie sentimentale demande cependant autre chose qu'un mourant qui râle....
L'amoureux idéal est une sentinelle espiègle qui préfère mourir dans le froid que nourrir l'effroi de ne point voir sa belle qui va arriver par un chemin de fer à vapeur.
Il est souhaitable que l'amoureux en attente sur le quai d'une gare ait la tête bien au chaud, car c'est par la tête que tout amour est menacé...
Un amoureux consciencieux pourrait garnir sa tête d'un raton laveur qui non seulement tient chaud mais également shampouine élégamment. Cela donne confiance et relaxe.
Si l'amoureux a la foi, il peut sortir de sa main droite un crucifix pliable de sa gabardine vert olive et vociférer : "Alléluia !!!" tout en bondissant virilement.
Cela fera bonne impression sur les passants des gares pour qui dieu est un pis aller accommodant les retards et les aléas des transports ferroviaires qui sont inévitables surtout si le chef de gare est amoureux.
Prévoir aussi un détourneur d'étourderie car l'amour rend tête en l'air !
ne rien prévoir finalement car l'amour rend imprévoyant...
Une amoureuse pour être saine doit remplir principalement deux critères :
A savoir : un père mort et un frère homosexuel ( à noter qu'un père homosexuel et un frère mort assure à l'amoureuse une équivalence de solide santé).
Une amoureuse ne peut être fille unique car alors elle sera amoureuse d'elle-même, ce qui la lassera et la rendra suicidaire...
Une amoureuse peut avoir des sœurs, voir une douzaine car leur conversation n'aura aucune incidence.
Elles peuvent papoter sur la couleur des culottes, cela n'empêchera point l'amoureuse de ne point en porter.
Elle portera à la place un raton laveur, ça tient mieux chaud....
Maintenant  l'heure approche de la rencontre. Le train arrive dans le crachin tout en crachant sa vapeur.
La locomotive est immense et siffle comme un merle qui ne sait pas chanter.
Attention les gares sont pleines d'amoureux, d'agents de maintenances et des compagnies ferroviaires.
Une vie sentimentale peut déraper facilement si malencontreusement les partenaires se trompent de sujets et cela est si fréquent car rien ne ressemble plus à une silhouette qu'à une autre silhouette quand le regard est troublé par l'amour qui fait marcher, d'où le bien fondé d'un crucifix brandis et la présence nonchalante d'un raton laveur sur la tête, car les atterrissages peuvent être brutaux dans une gare ferrée.

dimanche 17 mai 2015

Le monde se découpe

Je suis mort d'une morsure succulente. Je suis mort d'un serpent qui prend la pente aux soleils des crudités.
Son venin m' a donné le déclin, venimeux comme tout ce qui m'émeut, je suis parti au pays des ailleurs faire la légende d'ici par un peu d'esprit et des alanguissements, puisant dans mon cerveau en voie de paralysie les forces d'écrire les mystères que me jettent des songes de ma vie finissante.
J'ai vue ce que j'ai entrevue, à bord de mes yeux la fièvre forte me sèche vite.
J'ai basculé dans le froid et l'étourdissement.
Des baleines m'accompagnent dans un océan doux et berçant comme les mains d'une mère conciliante.
J'ai connu dans un instant le roucoulement passionné des vagues, des courants et la liqueur sur ma peau qui se défait de vivre.
Des couleurs me sont venues de ma silhouette comme si toutes mes forces étaient colorées.
Je suis vif de couleurs, scintillant d'intentions comme un esprit propre.
Debout je suis debout à bord d'une route qui va dans la partie prise des lointains et des inconnus.
Je vais à nouveau chaud dans une tendresse d'habit, j'ai un chapeau large, un peu écrasé, gris et foncé et une veste grande toute d'un pastel bleu avec un presque blanc par moment et puis pantalonné je suis d'une pelisse jaune bien mystérieuse à imaginer et hypnotique à observer. Je marche par la beauté du monde.
La route part quelque part d'un front étrange, elle va loin jusqu'au bout d'un septembre qui se devine dans des allées pluvieuses au bout d'un château encore jeune d'entretien où martèle une vie curieuse.
 Ce septembre a le goût de quelques années à venir, il est somptueux d'épaisses perceptions avec une colonie de cieux bien pourpres de multiples soleils confus et orgueilleux à la fois comme des percussions d’abeilles dans une ruche bousculée.
On perçoit des vies comme des lances parties dans l'air pour un trajet de mort. On perçoit des âmes belles comme des humains tout en corps et d'émotions craquantes.
Des vieux chants usés comme des chaînes trainantes se perdent dans mes oreilles avec des messages nouveaux. De nouvelles voyelles venues des atlas sifflent dans le vent des significations neuves.
Je suis parti comme un étourdi, sans attendre et comprendre la moindre chose.
La crête de la montagne bleue est brutalisée par une nuée d'oiseaux blancs, il fait chaud dans ce combat du sommet. Les oiseaux ont des formes de flamme. La montagne est abrupte et crayeuse. Ce monde est dans le temps des attentes, il est en nous comme le pourtour d'une ombre. J'y vais par la poussée de forces portantes. Je suis venue par une volonté autre. Je noue des dialogues avec le monde.